Chapitre 1 – Dictateur Partie 1
Rintam l’ambitieux avait une nouvelle idée diabolique, il voulait faire appel aux plus grands stratèges pour l’aider dans ses plans machiavéliques. Il convoqua alors pour le seconder dans sa quête Gron le gobelin qui lui servait d’assistant.
Physiquement Rintam était un homme de grande taille, qui mesurait un mètre quatre-vingt-dix. Il aimait porter des tenues violettes, que ce soit une robe de mage, ou un pantalon et une veste. Il se déplaçait souvent avec un grand bâton jaune qui amplifiait ses pouvoirs. L’ambitieux portait une barbe noire et une moustache, ainsi que de longs cheveux attachés en queue de cheval.
Rintam n’appréciait pas d’avouer son âge, il aimait faire croire qu’il avait seulement vingt-cinq ans. Mais ses subordonnés devinaient que l’ambitieux vivait depuis au moins trente-cinq années.
Il était assisté par Gron un gobelin adulte qui s’avérait un être à la peau verte d’une hauteur d’un mètre vingt, aux longues oreilles pointues. Il avait un goût prononcé pour les vestes rouges, et les pantalons à rayures jaunes et rouges. Il était imberbe, avait un long nez de la taille d’une carotte et des cheveux blonds coupés courts. Le gobelin mis à part quelques détails physiques, ressemblait à un enfant humain.
Si Rintam pouvait être brillant de temps à autre, Gron était loin d’avoir inventé l’eau chaude. La distraction du gobelin et sa manie de comprendre de travers les consignes, en faisaient un subordonné pas toujours fiable. Le gobelin n’était pas sans compétences, notamment en matière d’écriture ou de lecture. Et il avait un vocabulaire nettement plus riche que beaucoup de gens. Par contre il se caractérisait par la malédiction du raisonnement foireux. On dirait que le dieu de la loufoquerie le choisit comme champion.
Heureusement Gron savait flatter, il était le roi du compliment. Or l’ambitieux était un amateur prononcé d’éloges, il pouvait pardonner beaucoup quand on le glorifiait avec des mots.
D’ailleurs il suffisait parfois de flatter avec adresse Rintam, pour qu’il accepte une offre désavantageuse, voire des escroqueries caractérisées. Ainsi l’ambitieux avait signé un jour un contrat, qui lui imposait de vendre son donjon pour quelques sous. Heureusement Rintam eut le réflexe de consulter sa liste des escrocs, un document qui contenait les portraits de filous célèbres. Il réalisa alors qu’il était en train de se faire entourlouper. L’escroc eut une triste fin, il finit brûlé par un sort. Même si l’ambitieux avait quelques faiblesses, il n’empêchait qu’il visait haut en terme de rêves de réussite.
Rintam habitait un grand donjon fait avec des pierres noires. L’ensemble comportait une tour centrale de quatre étages qui servait de lieu d’expérimentation magique et de quartier personnel pour Rintam et ses subordonnés les plus proches.
Et le reste des serviteurs vivaient dans des maisons de pierre ou de bois en mauvais état, qui se trouvaient près de la tour. Heureusement pour l’ambitieux il disposait de hautes murailles de pierre enchantée de plus de dix mètres de haut pour le protéger lui et ses subalternes. Les remparts extrêmement solides englobaient la tour et les habitations des serviteurs.
Les grandes réussites étaient collectives, on n’arrivait pas à grand-chose tout seul, or Rintam n’était pas franchement aidé. Par exemple Gron le tête-en-l’air, le bêta était loin d’être le seul subordonné du donjon avec des problèmes intellectuels.
Mais l’ambitieux gardait espoir. Il espérait bientôt accomplir un enchantement important pour ses projets de conquêtes, depuis la salle des rituels majeurs de son donjon. Cette pièce de grande taille pouvait contenir au moins cent personnes assises. Elle se révélait remplie de symboles ésotériques en or et argent gravés sur les murs de pierre noire notamment des étoiles, des soleils et des dragons,
Rintam : Gron j’ai une excellente nouvelle, d’ici une année il m’arrivera un heureux événement.
Gron : Vous allez accoucher d’un bébé, maître ?
Rintam : Je suis un homme Gron.
Gron : Oui et alors ?
Rintam : Chez les humains c’est la femme qui accouche, pas l’homme.
Gron : Bien vu, j’avais négligé ce léger détail.
Rintam : Bon reprenons, j’ai décidé de m’attribuer les services des plus grands stratèges de l’histoire, pour hâter ma conquête du monde. Si mon plan réussit, je deviendrai d’ici un an un monarque incontesté.
Gron : Vous avez vraiment besoin d’aide ? Vous êtes pourtant tellement intelligent, grâce à vous je sais compter au-delà de cinq.
Rintam : J’ai besoin d’être correctement secondé, si je veux devenir le roi de ce monde. Même un génie ne peut se débrouiller tout seul, (dit assez bas tout en se lamentant) surtout quand il est entouré de crétins qui le transforment en boule de nerfs.
Gron (sincère) : Donc les crétins vous conduisent par moment à devenir une boule. Je ne connaissais pas ce type d’allergie.
Rintam commençait à montrer une expression mélangeant la férocité et l’abattement, mais Gron continuait à s’enfoncer dans la loufoquerie.
Gron : Je pense à une chose, j’ai un jeu de quilles en bois, et quelques amis assez bêtes. Cela vous dérangerait de nous aider à jouer, on a perdu notre unique boule en cuir.
Rintam (énervé) : Gron tu ne comprends rien, c’est impossible.
Gron : Ah bon pourquoi ? Ne vous en faites pas, je prendrais grand soin de vous.
Rintam fut tellement exaspéré qu’il s’accroupit et se mit en boule, sous le coup de l’émotion.
Gron : Ah la transformation a commencé !
Rintam (reprend contenance) : Oublies cette histoire et va m’apporter mon livre.
Gron : Dois-je aller chercher votre grimoire de magie noire ?
Rintam : Oui, dépêches-toi de me l’apporter, sinon je t’interdirais de me flatter pendant une heure.
Gron (ton désemparé) : Oh maître vous êtes terrible, s’il m’est interdit de chanter vos louanges, je serais vraiment dans l’embarras.
Gron pensait que c’était vraiment simple d’augmenter la bonne humeur de son maître en choisissant des mots mielleux. Il se dit d’ailleurs que vu qu’il avait l’air de manœuvrer habilement, il pourrait peut-être négocier un gros bonus pour ce mois-ci, d’un bien très précieux selon ses normes. L’obtention de papier toilette quintuple épaisseur. Il adorait passer des heures à toucher du papier toilette épais. Cependant il estimait après un instant que ce ne serait pas rendre justice au très précieux de compter sur seulement de belles paroles pour en avoir. Ce serait nettement mieux de s’illustrer avec des actions méritoires.
Rintam (très sûr de lui) : Je sais, pour les gens sincères, qui me connaissent, être privé de la possibilité de vanter mes mérites c’est le sommet de la torture.
Il pouvait paraître étonnant que Rintam garde comme subalterne proche une figure de la crétinerie comme Gron. Cependant l’ambitieux se sentait assez seul, il choisit une voie de vie solitaire. Et il savait au fond de lui que les gens capables de l’aimer sincèrement à cause de son caractère étaient rares. Or Gron éprouvait une affection et une admiration réelles pour son maître. Donc Rintam considérait le gobelin comme un trésor précieux, même si les nerfs de l’ambitieux souffraient souvent de garder auprès de lui un bêta notoire.
Pour l’instant Rintam avait essuyé de nombreux déboires, mais il demeurait optimiste. Toutefois la confiance de l’ambitieux s’avérait souvent très excessive. Rintam s’imaginait qu’il lui suffirait d’avoir les services d’un bon stratège, pour que ses rêves de conquête du monde deviennent réalité. Disposer d’un tacticien chevronné en stratégie militaire constituait un plus indéniable, mais cela ne faisait pas tout. Cela n’empêchait pas l’ambitieux d’estimer qu’une fois qu’il aurait un stratège à ses côtés, il pourrait bâtir en une année un royaume où son autorité serait absolue. Et qu’en dix ans maximum le monde de Gerboisia lui appartiendrait. Rintam avait tendance à croire que tout se déroulerait facilement, une fois qu’il mettrait la main sur un bon second.
Problème rien n’était plus hasardeux que la guerre, y compris quand on avait des circonstances très favorables. De plus pour l’instant l’ambitieux ne s’avérait pas dans une situation très brillante, ses dix derniers assauts contre le village de Lofen, débouchèrent sur dix échecs. Gron surnommait son maître le grand, le magnifique, le brillant parmi les brillants. Toutefois dans la région où vivait Rintam, on l’appelait le tyran inoffensif, le clown pathétique, ou le roi des ratés.
L’ambitieux et ses troupes avaient dû s’enfuir plusieurs fois en catastrophe pour se réfugier dans le donjon, afin de pouvoir survivre. Toutefois le vent semblait commencer à tourner pour Rintam. Ce dernier avait mis récemment la main sur un grimoire qui accroissait de manière très spectaculaire ses facultés magiques. Ses soldats orques n’avaient jamais été aussi nombreux. Il s’agissait d’êtres ressemblant à des humains mais en plus musclés, sales, et avec une peau grise et des crocs. De plus l’ambitieux disposait depuis peu parmi ses alliés, de personnes capables de fabriquer des machines de guerre, notamment des catapultes.
Gron pendant sa quête du grimoire de Rintam, rencontra un orque au détour d’un couloir. Il réfléchit à une stratégie pour passer sans payer et sans dommage.
Pendant un temps il se focalisa sur une description mensongère du papier toilette, que cet objet avait la capacité de transformer le plomb en eau. Ce n’était pas très utile vu que la région regorgeait de rivières bien gonflées, mais Gron était certain de sa tactique. Puis il eut une autre idée, il mentirait en faisant croire qu’il n’était pas réel.
Orque : Tiens c’est Gron le nabot, comme je suis de bonne humeur, je te laisse passer sans te taper, si tu me donnes tout ton argent.
Gron : Je ne suis pas Gron, je suis une illusion, un mirage, une hallucination.
Orque : Ah bon, d’accord mais cela ne change rien à ta situation monsieur une illusion, un mirage, une hallucination pour passer il faut verser des sous.
Gron : Je ne suis pas réel, tu t’adresses à une personne imaginaire.
Orque : Que tu sois imaginaire ou non, il faut payer. Je n’accorde pas de privilège aux imaginaires.
Gron : Si je te révèle le secret de la fortune de maître Rintam, tu veux bien cesser de réclamer de l’argent à Gron ?
Orque : C’est entendu.
Gron : Notre maître a plein de richesses, car il vend de la poussière.
Orque (joyeux) : Génial, on trouve de la poussière partout dans ce donjon, je vais bientôt pouvoir acheter plein de choses.
Gron le gobelin se faisait souvent molester par les orques, bien qu’il soit l’assistant de Rintam l’ambitieux. C’était triste mais aussi logique, pour les orques tout être ayant du sang de gobelin s’avérait soit une victime, soit un larbin corvéable à merci.
Rintam était obligé de laisser faire, car ses orques étaient très attachés à leur droit à maltraiter. Ils acceptaient de dormir dans de la paille sale, de manger de la viande pourrie, des armes de mauvaise qualité, mais il fallait respecter leur droit à jouer les brutes épaisses. De plus les cinq cents orques de l’ambitieux constituaient l’essentiel de ses forces armées. Si Rintam se les mettait à dos, il devrait repartir à presque zéro en matière de recrutement militaire. Physiquement les orques étaient plus musclés et forts que les hommes, mais ils avaient aussi des points faibles comme la bêtise, l’indiscipline, et l’incapacité à faire preuve de discrétion.
Les orques pensaient généralement qu’attaquer de nuit était un déshonneur, et ils estimaient qu’il était nécessaire quand on se battait contre quelqu’un, de pousser de sauvages cris de guerre. Il existait des orques intelligents et rusés, mais la plupart était d’une bêtise affligeante. Rintam aurait aimé avoir autre chose qu’une armée composée essentiellement d’orques, mais il ne s’avérait pas assez réputé pour faire la fine bouche.
Gron n’était pas conscient que son astuce liée à la poussière aurait de lourdes conséquences, sur le comportement de la majorité des habitants du donjon. Par envie de ne pas être réprimandé, le gobelin se dépêcha de prendre un livre dans la bibliothèque de Rintam. Quand l’ambitieux vit son larbin revenir dans un délai court, il ne put s’empêcher d’avoir de l’angoisse.
Rintam : Ah te voilà Gron, tu as été rapide, cela m’inquiète.
Gron : Pourquoi maître ?
Rintam (angoissé) : Chaque fois que tu te dépêches la probabilité que tu fasses une gaffe augmente considérablement.
Gron : Je vous assure que j’ai bien fait attention. Tenez voici votre grimoire.
Rintam : Pour conserver de beaux vêtements noirs, il faut. Gron le livre que tu m’as donné parle des habits noirs.
Gron : C’est le seul livre de la bibliothèque qui a un rapport avec le noir, en tout cas à la lettre n.
Rintam : Voilà ce que tu vas faire Gron, tu vas retourner à la bibliothèque, et trouver mon livre de magie noire, en fouillant dans l’étagère où sont classés les livres par lettre m.
Gron s’en alla et revint avec un nouveau livre.
Gron : Voici le livre que vous avez demandé maître.
Rintam : Voyons cela, ce livre est très utile pour amuser les enfants, il aide à l’exécution de tours de carte, et à faire surgir un lapin d’un chapeau. Gron c’est bien un ouvrage sur la magie que tu m’as rapporté, mais nullement la magie noire.
Gron : Il faut donc que je retourne à la bibliothèque ?
Rintam (ironique) : Bravo, belle déduction, tu reconnaîtras mon livre de magie noire au fait qu’il est très épais.
Gron se déplaça et amena un autre bouquin.
Gron : Cette fois j’ai suivi vos instructions comme il le fallait maître, voici l’ouvrage le plus épais de votre bibliothèque.
Rintam : C’est mon dictionnaire encyclopédique que tu m’as rapporté Gron, et non un livre de magie noire. Pour que tu ne te trompes pas, sache qu’il y a sur mon grimoire de magie noire, une gravure avec un homme peu vêtu.
Gron : Compris maître, mais avant cela je voudrais aller aux cuisines manger un peu, s’il vous plaît. Mes allers retours m’ont donné faim.
Rintam décida de punir son subalterne avec un stratagème méchant.
Rintam : Il n’y a nul besoin de sortir de cette pièce, pour trouver de quoi se restaurer.
Gron : Pardonnez-moi maître, cependant je ne trouve rien de comestible ici.
Rintam : Il y a des feuilles de papier toilette, c’est très bon et nourrissant, tu devrais goûter.
Gron : Très bien maître mais avant cela j’aurais une question, sur quelle espèce d’arbre pousse le papier toilette ?
Rintam : Hein ?
Gron (très sûr de lui) : Les feuilles cela se trouve sur les arbres, donc il doit y avoir forcément un arbre pour les feuilles de papier toilette.
Rintam éprouvait diverses tentations, gifler son subordonné, couper court à la conversation en l’autorisant à manger de la vraie nourriture en cuisine, ou continuer à écouter pour voir jusqu’où irait la logique spéciale de Gron.
Rintam (désespéré) : Pourquoi cela part aussi souvent dans le yolo avec toi ?
Gron : J’ai compris.
Rintam (pense) : J’ai peur.
Gron : Les arbres à papier toilette sont un élément d’un plan génial pour conquérir le monde. Mais il me semble contenir quelques failles si vous comptez faire du chantage auprès du peuple et des nobles avec du papier toilette.
Rintam : Ah bon ?
Gron (joyeux) : Oui, les feuilles de l’arbre à bananes c’est rugueux, mais cela peut remplacer le papier toilette. Je le sais par expérience.
Rintam : Gron tu m’énerves !
Gron (plein d’entrain) : Et on pourrait appeler votre plan «Opération fesses sales».
Le désespoir rendit peu combattif Rintam, donc il choisit la clémence pour cette fois.
Rintam : Tant pis va me chercher mon livre, et ensuite tu pourras manger dans les cuisines. Et oublies cette histoire de papier toilette.
Gron : Entendu maître.
Gron après quelques minutes de marche, donna un livre à son maître.
Rintam : Super Gron, cette fois tu m’as rapporté mon livre d’histoires érotiques. J’en ai marre, je vais chercher moi-même mon grimoire.
Gron : Je sens que cette fois va être la bonne maître, s’il vous plaît laissez-moi une dernière chance.
Rintam : Entendu mais si tu échoues encore, tu seras fouetté.
Gron revint très joyeux avec un grimoire. Il en profita pour fêter l’événement en prenant une pipe bourrée d’herbes faisant voir des couleurs qui n’existaient normalement pas.
Rintam (ironique) : Génial il ne t’a fallu que cinq tentatives pour trouver mon grimoire, tu fais de sacrés progrès. Tu as réalisé un bel exploit. D’ici un à deux millions d’années, tu pourras peut-être du premier coup, me rendre correctement service.
Gron (sincère) : Merci de vos compliments, maître.
Rintam : Le concept d’ironie cela te dit quelque chose Gron ?
Gron (sincère) : L’ironie je crois que c’est un fromage. Autrement j’ai une question à poser.
Rintam : Je sens que cela va être débile, mais dis toujours.
Gron : Vous êtes un mage, mais je pense qu’il y a plus puissant que vous, notamment le gruyère à trous.
Rintam : Pardon ?
Gron : Vous n’avez que le titre de mage tandis que le gruyère a le titre de fromage, c’est une distinction plus glorieuse comparé à vous. Surtout que vous m’avez appris que plus une personne a un titre long plus elle a généralement de prestige.
Rintam se demandait s’il devait pleurer ou bourrer de coups de poing son assistant. Finalement comme il était de très bonne humeur et habitué à se coltiner des subordonnés débiles, il opta pour garder son calme et réfléchir sur un moyen de calmer les délires de son serviteur près de lui.
La partie sombre de Rintam lui soufflait de châtier son serviteur à coup de boule de feu. Cependant un accès de gentillesse couplé à l’absence d’un grand stock d’oreillers dans la pièce incitèrent l’ambitieux à se calmer. D’accord Rintam était capable de générer maintenant plus de neuf fois sur dix du feu, mais il y avait un problème de précision si la cible n’était du gabarit d’une montagne. Et puis ses flammes magiques ne brûlaient pas, au mieux elles causaient une envie légère de boire. D’ailleurs elles avaient aussi quelques caractéristiques gênantes, car elles propulsaient souvent Rintam de façon puissante contre les arbres, les murs ou d’autres surfaces solides. Donc quand l’ambitieux remarqua la présence de seulement dix oreillers dans les parages, il se dit que le sadisme à coup de boule de feu c’était risqué.
Rintam : J’ai compris tu as pris du tabac spécial. Je vais te désintoxiquer avec un sort. Par mes pouvoirs que ton esprit soit plus clair.
Gron : Merci maître, je me sens mieux.
Rintam : Bon je vais partir tout de suite en quête du stratège que je désire.
Gron : Qui a l’insigne honneur d’avoir été choisi comme stratège par vous ?
Rintam : Jules César, le conquérant romain. Grâce à lui je vais asservir des millions de personnes, organiser des ravages monstrueux, décimer les rangs de mes ennemis, et écouler mon stock de pulls roses.
Gron : Pourquoi vous ne brûlez pas simplement les pulls roses en votre possession ?
Rintam : Pour ne pas vexer une personne chère à mon cœur.
Gron paraissait tétanisé par la surprise. Son maître surnommé le radin absolu dit le mot chère avec plaisir. C’était vraiment stupéfiant, selon le gobelin bientôt il risquait de pleuvoir non pas de l’eau, mais des baignoires en pierre passionnées par le flamenco.
Rintam : Qu’est-ce qu’il y a encore ?
Gron : C’est la première fois que je vous entends dire le mot chère sans une grimace de dégoût.
Rintam : Gron les mots peuvent avoir plusieurs sens.
Gron (sincère) : J’ai du mal à suivre, vous affirmez donc que les mots peuvent voir, entendre, sentir grâce à des sens, que ce sont des êtres vivants ?
Rintam : Rah tu me rends zinzin Gron !
Gron : Mais je pense à une chose, vous m’avez interdit d’avoir un chat. Mais pourrais-je avoir le droit d’adopter une feuille de papier où il y a marqué le mot chat ?
Rintam : Gron j’en ai assez ! Tu me donnes envie d’utiliser une boule de feu sur toi !
Gron (joyeux) : Je vous en prie, ne vous gênez pas.
Rintam (exaspéré) : C’est quoi comme nouveau délire ?
Gron : Je commence à me lasser un peu de jouer au ballon prisonnier avec des boules de cuir, peut-être qu’une boule de feu apporterait de la nouveauté.
Rintam : Une boule de feu c’est dangereux, pour ne pas dire mortel pour les imbéciles dans ton genre !
Gron : Donc la boule de feu c’est un outil de jeu pour professionnel ? J’ai bien compris ?
Rintam (désespéré) : Essayons d’expliquer de manière claire pour un superbe abruti. Le feu brûle, donc une boule de feu c’est ?
Gron : Un sport palpitant je parie.
Devant l’air très menaçant de Rintam qui commençait à tendre les mains pour étrangler, Gron comprit qu’il fallait changer de sujet.
Gron : Et qui est le fameux César ? J’ai beau être calé en histoire, ce nom m’est inconnu.
Rintam (se calme) : C’est normal César ne vit pas dans ce monde, il habite un endroit qui s’appelle la Terre. Bon il est de temps de partir. Bourre et bourre et ratatam, que ce sort me guide à destination.
